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Patrimoine, mer et boudin noir

Détails
BAS-SAINT-LAURENT
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Printemps 2017

Le voyageur authentique n’a pas toujours besoin d’une offre touristique effrénée pour l’épater. La plénitude, souvent, est dans le charme et dans la simplicité des lieux. Nous l’avons trouvée à Notre-Dame-du-Portage.

Bien sûr, on est ici en lien étroit avec la sincérité de l’accueil, la recherche de l’authenticité, un hébergement de qualité, et une table à l’avenant. Notre-Dame-du-Portage n’est qu’une bourgade de 1 200 habitants à peine, mais au coeur si grand. Cette petite localité, qui au demeurant fait partie de l’Association des plus beaux villages du Québec, est une destination de villégiature recherchée où règne une belle harmonie entre le patrimoine, la gastronomie et la beauté naturelle des lieux.

Le fleuve ou la mer?
Nous sommes là où le fleuve perd doucement son nom et prétend à de plus grandes ambitions. L’air salin à l’odeur iodée qui titille les sinus nous le confirme. Un parc linéaire de près de 10 kilomètres avec des aires de repos municipales aménagées à ses extrémités longe le plein littoral du village. Il est loisible de s’y promener, mais attention, il faut se munir de robustes chaussures pour se protéger des pierres suintantes aux arêtes effilées si l’on veut un tant soit peu parcourir ce bord de mer rocheux en toute quiétude. Lieu d’observation de jolies demeures côtières, mais aussi de couchers de soleil que l’on dit parmi les plus beaux de la planète; à vérifier, bien sûr, comme toute affirmation partisane. Mais ce que j’ai vu, ou plutôt vécu, est un ahurissant feu de couleurs qui embrasait un ciel d’une beauté innommable.

La table
 Tous les gastronomes voudront épouser la chef Thérèse Vaillancourt qui officie aux cuisines de l’auberge du Portage, elle qui réussit si bien le ris de veau. Poêlé, le ris est légèrement parfumé au caramel de pomme et au caramel de vin rouge, accompagné de magnifiques pleurotes de culture locale. Un tribut à ce délicat abat qu’il est trop facile de rater par une préparation inappropriée ou une cuisson inadéquate. Autre hommage aux produits locaux, le carré d’agneau de Kamouraska et ses petits légumes cultivés à même le jardin bio de l’auberge est assurément une valeur phare au menu. Sur le plancher, un personnel courtois s’active à maintenir un service affable et précis sous la douce lumière de fin de journée qui inonde la belle salle à manger avec vue sur la mer. L’auberge est aussi reconnue pour ses brunchs aux saveurs régionales.

Jamais je ne mangerai de boudin noir autre que celui provenant de St-Alexandre, avec tombée de poireaux et compote de bleuets infusée au thé du Labrador, que l’on m’a servi à l’autre destination gastronomique du village, l’Auberge sur mer. Exquis, parce que je ne puis trouver de mots plus puissants pour le décrire. Un tableau que l’on accrocherait volontiers à la galerie des meilleures entrées de tous les temps. Toujours en état de choc, je suis confronté à une bisque de homard divine, suivi d’une cuisse de lapin confite sauce aux prunes. Il y a des moments pas faciles dans la vie… La cuisine est signée par les deux jeunes chefs trentenaires Véronique Lapointe et Sophie Rioux. Le personnel de service est d’une grande gentillesse et répondra à toutes vos interrogations d’ordre culinaire ou vos préoccupations d’accords de mets et de vins.

Idée lumineuse s’il en est une, le presbytère de la splendide église Notre-Dame-du-Portage cède sa cuisine à une jeune entrepreneure qui y opère un café avec cuisine végétalienne, joliment appelé La Bette à Cath. Jus frais, smoothies, salade et sandwich gourmand, brunch et excellent café. Belle salle à manger et une terrasse donnant sur la mer. Les fidèles s’y sustentent après les offices mais aussi les touristes qui y trouvent non sans raison un caractère d’authenticité. En plus, cela permet à la fabrique d’amasser quelques deniers pour pourvoir à la restauration des propriétés paroissiales.

L’église
Au cœur du village, une fière et solide construction de pierres, témoin de milliers de baptêmes, de mariages et de funérailles depuis 150 ans. L’église, le presbytère (lieu de tournage pour la série télévisée Cormoran), le cimetière, l’école du village, tout est là. On peut visiter l’église en tout temps car les portes du paradis sont, bien entendu, toujours ouvertes. Intéressant chemin de croix datant de 1906 et orgue Casavant.

L’hébergement
À part les gîtes, toute la proposition repose essentiellement sur deux auberges dans des maisons historiques, lesquelles abritent aussi les deux très bonnes tables citées plus haut.

L’Auberge du Portage est un lieu de villégiature complet fortement axé sur les services de son centre de santé. La piscine, le spa, le hammam, les salles de balnéothérapie, d’hydrothérapie et de massothérapie, et l’espace soins du corps y sont si présents qu’on trouverait peu opportun de ne pas y endosser l’uniforme de circonstance, soit le peignoir blanc, toute la journée, même au petit déjeuner. L’endroit propose aussi des sorties en kayaks, des sentiers pédestres, un tennis et le prêt de bicyclettes.

L’Auberge sur Mer est une centenaire qui propose des chambres en son bâtiment principal avec tout le charme du début du siècle dernier mais aussi des unités d’hébergement contigus plus modernes d’une grande sobriété, tout de blanc et d’aqua, rappelant les motels proprets de la Nouvelle-Angleterre avec vue sur l’immensité du fleuve. On peut y emprunter des bicyclettes pour découvrir en toute quiétude les beautés du charmant village de Notre-Dame-du-Portage, ou profiter d’une excursion sur les belles îles du Saint-Laurent. Le bâtiment principal comprend 18 chambres, le motel 37 unités. Il est aussi possible de louer un petit chalet.

L’École de l’Anse
L’École de l’Anse est une ancienne école de rang située à l’entrée est de Notre-Dame-du-Portage sur la Route des Navigateurs. Sa restauration a mérité le prix du patrimoine 2014 de la MRC de Rivière-du-Loup. L’endroit est polyvalent et on y accueille des conférences, des concerts et des expositions de cartes géographiques et de photos anciennes. L'École de l'Anse est aussi le lieu de rendez-vous pour le géorallye sur la route du fleuve.

La piscine
 La plus grande piscine extérieure d’eau salée de la région est au cœur du village, proche du grand quai, aux abords du fleuve Saint-Laurent. Grâce à sa clôture parsemée de baies vitrées, les baigneurs ont la chance d’admirer le magnifique paysage. Ce qui en fait l’originalité est qu’elle contient de l’eau salée du fleuve, chauffée.

aubergeduportage.qc.ca
aubergesurmer.ca
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notredameduportage.org







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Art et gourmandises à Baie-Saint-Paul

Détails
CHARLEVOIX
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Automne 2014

PHOTOS : FRANÇOIS RIVARD

Niché dans le grand jardin de Charlevoix – sans doute la région du Québec la plus évoquée en petits et en grands formats – Baie-Saint-Paul est une destination recherchée pour qui s’intéresse à l’art et à la gastronomie. Il est vrai que les chemins louvoyants sur collines verdoyantes sont souffles de création pour nombres d’artistes, mais la terre généreuse ne l’est pas moins pour les artisans du goût, soit les producteurs et les transformateurs de la région.

Se balader à Baie-Saint-Paul est une joie et s’y attarder est un ravissement d’heureuses découvertes. Des galeries d’art et des musées, un patrimoine bâti bien conservé, des commerces de spécialités alimentaires et des restos de qualité, des auberges charmantes et des gîtes accueillants, mais aussi la vitalité de tous ces gens qui créent et qui contribuent au dynamisme de l’endroit. « Ici nous n’avons ni pétrole, ni or, ni diamant, notre richesse est l’inspiration qui nous imprègne devant la beauté de la nature environnante », affirme le galériste et visionnaire Gilles Brown, le premier à ouvrir une galerie d’art dans Charlevoix, il y a maintenant près de 40 ans, à une époque où le village n’était pas du tout l’endroit hautement fréquenté que l’on connaît aujourd’hui.
À Baie Saint-Paul, le 32e Symposium international d’art contemporain vient de se terminer mais la saison n’est pas morte pour autant. Pas moins de 15 galeries exposent les artistes d’ici et d’ailleurs, des grands maîtres, des contemporains, des artistes de la relève. De plus, le festival en peinture Rêves d’automne prend la relève pour une 24e année consécutive du 26 septembre au 5 octobre (revesdautomne.com). Puis, jusqu’au 13 octobre, le Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul (macbsp.com) présente Andy Warhol - Art et images de marques, près de 40 créations originales aux thèmes et aux graphismes variés ; Dialogues formels - Coups de cœur de grands collectionneurs, un parcours passionnant parmi les œuvres d’une vingtaine d’artistes de la modernité picturale et sculpturale québécoise des années 1950 à 2000 : Ferron, Riopelle, Letendre, Toupin, Pellan, etc…
Repus de tant de formes et de couleurs, mais toujours en appétit de découvrir les artistes gourmands de la région, nous visitons les boulangers, les chocolatiers et autres fromagers du village et des environs. Une Route des Saveurs de Charlevoix est d’ailleurs formée pour y regrouper les principaux créateurs alimentaires.

PÂTES FRAÎCHES ET FRAIS CANARD
Des pâtes emballantes, des sauces exaltantes, et aussi la fameuse tarte au chocolat. Et sans doute le meilleur cannelloni de la région. Al Dente est un petit commerce qui ne fréquente pas les grands boulevards mais que rien ne fera dévier de sa course vers la qualité. Puis un accueil comme on aimerait qu’il le soit partout, simple et charmant (Al Dente, 30, rue Leclerc, Baie-Saint-Paul, 418 435-6695, aldente-charlevoix.com). Une petite entreprise résolument « Sud-Ouest de la France » dans son approche artisanale et son savoir-faire particulier, la Ferme basque de Charlevoix élève le canard à foie gras et les produits dérivés sont multiples: foie gras entier, mi-cuit ou en mousse, mais aussi rillettes, pâtés, cretons, magrets, cuisses et gésiers confits, cassoulet (La Ferme Basque de Charlevoix, 813 rue Saint-Édouard, Saint-Urbain, 418 639-2246, lafermebasque.ca).

POUR L’AMOUR DU CHOCOLAT
La Chocolaterie du Village est attrayante avec son petit musée dédié à la noble cabosse, ses 50 variétés de chocolats belges, ses créations thématiques et ses tablettes fabriquées maison. Mais pour en apprécier la juste valeur, un petit voyage à la 2e adresse au village voisin Les Éboulements fera découvrir l’atelier d’un chocolatier qui a fait ses classes en Belgique (La Chocolaterie du Village, 31, rue St-Jean-Baptiste, Baie-Saint-Paul, 418 435-6930 et 194, rue du Village, Les Éboulements 418 635-1651). La Chocolaterie Cynthia propose des chocolats en tablettes, en bouchées, des truffes et des chocolats aux bleuets en saison, de la crème glacée molle avec chocolat 72 % cacao en couverture et un bar à chocolat. Cynthia fabrique aussi sa propre gelato (Chocolaterie Cynthia, 66, rue Saint-Jean-Baptiste, Baie-Saint-Paul, 418 435-6060, chocolateriecynthia.com).

PAIN QUOTIDIEN
Pittoresque boulangerie voisinant le moulin à farine qui l’approvisionne, lui-même alimenté par une production locale de blé et de sarrazin. On peut visiter le moulin, qui fonctionne comme à l’origine en 1827 et apprécier le bâtiment remarquablement restauré. On y vient pour le bâtard de Charlevoix, miches et baguettes, au levain ou de farine intégrale, brioches et croissants, chocolatines, amandines et tartes aux pommes (Le Moulin de la Rémy, 235 Terrasse de la Rémy, Baie-Saint-Paul, 418 435-6579, moulindelaremy.com). Intéressant, une vraie bonne boulangerie qui est aussi une pause pour le voyageur. On s’y arrête pour soupe chaude, la pizza cuite au four à bois et un bon espresso. (À Chacun son Pain, 1006, boul. Mgr-de-Laval, Baie-Saint-Paul, 418 760-8777 achacunsonpain.ca)

JOLIES FROMAGERIES DE PAYS
 La Laiterie Charlevoix est plus précisément une fromagerie qui fabrique entre autres Le Fleurmier, le 1608 et le très beau Hercule de Charlevoix. Le bâtiment adjacent loge un musée sur l’histoire du lait où l’on retrouve la plus grande collection d’objet reliés à l’histoire du lait au Québec. Fait partie du réseau Économusée (La Laiterie Charlevoix, 1167, boul. Mgr-de-Laval, Baie-Saint-Paul, 418 435-2184, fromagescharlevoix.com). Le Ciel de Charlevoix, Le Migneron, La Tomme de Brebis, Le Secret de Maurice, La Tomme d’Elles, Le Bleu de Brebis, toute la famille Migneron est au garde-à-vous pour vous recevoir. Visite des lieux, comptoir de vente et pause dégustation (La Maison Maurice Dufour,1339 boul. Mgr-de-Laval, Baie-Saint-Paul, 418 435-5692, famillemigneron.com).

Quelques restos
Parmi les mieux cotés à Baie-Saint-Paul, le restaurant Les Labours – de l’Hôtel La Ferme – propose une cuisine libre variant au gré des récoltes, un menu élaboré par le chef David Forbes (Restaurant Les Labours, 50, rue de la Ferme, Baie-Saint-Paul, 418 240-4123, lemassif.com).
Contemporain, chic et décontracté, un resto à la cuisine inspirée par la chef Danye Simard, qui fait honneur aux producteurs de la région (Chez Bouquet éco-bistro, 39, rue Saint-Jean-Baptiste, Baie Saint-Paul, 418 435-6839, lamuse.com). Premier prix au concours des Créatifs de l’érable pour le mijoté en croûte d’épaule de porc bio à l’érable, Le Mouton Noir est un resto de destination. On y va pour les plats du chef Thierry Ferré et l’ambiance de ce charmant bistrot (Le Mouton Noir, 43, rue Saint-Anne, Baie-Saint-Paul, 418 240-3030, moutonnoirresto.com).

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Au cœur de la petite-nation et de son château

Détails
OUTAOUAIS
Publication : 28 avril 2017
Par Hélène Côté
Publication : Hiver 2014-15

Rarement une région agricole n’a hérité d’autant de richesses en matière de patrimoine historique, d’infrastructure récréative et d’activités alimentaires avec ces nombreuses fermes qui échappent à la force des grands regroupements. En toutes saisons, les petites routes qui sillonnent la vallée de la Petite-Nation nous rappellent que cette terre, dominée par l’histoire de Louis-Joseph Papineau, chef de la Rébellion des Patriotes, en est une de traditions profondément ancrées, particulièrement durant les fêtes de Noël.

Cette région bénéficie du rayonnement du plus grand hôtel en bois rond d’Amérique du Nord, le Château Montebello. Cet établissement hôtelier de la chaîne Fairmont est le pôle d’attraction du tourisme de la Petite-Nation. C’est aussi là qu’on y trouve la meilleure table de cette région qui fut jadis, et est encore aujourd’hui, un paradis pour la chasse et la pêche. Dans un rayon de 40 km, la Petite-Nation déroule pour nous un serpentin de fermes, d’artisans alimentaires et d’éleveurs spécialisés.

Le Château Montebello, l’hôtel des rois en vacances
Cet immense hôtel tout de bois rond vêtu a quelque chose qui relève de la fable. Construit en 1930 au bord de la rivière des Outaouais, il fut érigé sous l’initiative du Seigniory Club, un groupe privé de gens d’affaire canadiens, américains et européens qui accueillit durant 40 ans les dignitaires et célébrités de la planète, comme la Reine Juliana des Pays-Bas, le prince Rainier et la Princesse Grace de Monaco, Bing Crosby, Perry Como, parmi nombre de notoriétés.

Quatre mois ont suffi pour ériger ce mastodonte à six ailes de trois étages grâce au travail assidu de 3500 ouvriers sur un chantier en action 24 heures sur 24. Il a d’abord fallu construire une voie de desserte ferroviaire pour amener sur le lieu dédié les 10 000 billots de cèdre rouge importés de l’ouest américain, sculptés à la hache par 800 ébénistes, qui ont contribué à élever les trois bâtiments principaux dont on a remarquablement bien conservé la rusticité. Encore aujourd’hui, le Château Montebello a l’aspect d’un gros chalet de luxe avec en son centre l’immense foyer de forme hexagonale qui palpite durant les froidures saisonnières.

Le but de l’entreprise étant essentiellement de créer un lieu récréatif pour gens de la haute, plusieurs sports de luxe y ont élu domicile dès le début grâce à des installations comme le tremplin de saut à ski, les allées de curling, la station de tir au pigeon d’argile, la pisciculture pour les mordus de la pêche. La magnifique piscine intérieure – la plus grande piscine d’hôtel au Canada – construite dans son propre bâtiment de bois rond, est encore aujourd’hui de service en toute saison. Et pour nourrir la clientèle habituée au luxe et affamée par le grand air et l’exercice physique, la gastronomie était de rigueur.

Ce n’est qu’en 1970 que l’établissement ouvre ses portes au tourisme grand public. C’est la chaîne Fairmont qui gère aujourd’hui l’établissement avec le panache qu’on lui connaît. L’équipe de gestion se fait un point d’honneur de poursuivre la mission sportive et de divertissement du complexe au bénéfice de ses invités qu’elle traite aux petits oignons avec la qualité de sa table, une destination en soi.

Noël gastronomique et familial au Château
 Adeptes de balade en traîneau à chiens, accros au ski de fond et fervents de festivités gargantuesques sur fond de fête familiale, vous aurez droit à la totale, ici, durant les Fêtes de fin d’année. On vous recevra le 23 décembre avec un plateau de bûches de Noël accompagné de chocolat chaud. Il faut s’attendre, parait-il, à être ébloui par la magie du moment quand vous apercevrez, le jour du 25, le traîneau du père Noël glissant sur la rivière gelée des Outaouais, et quand vous verrez Santa en personne se profiler sur le toit avant d’enjamber la cheminée puis sortir de l’âtre au milieu du grand hall envahi par les cadeaux.

Les chefs aux commandes des cuisines se surpassent durant cette période. On dit que le brunch de Noël, tout comme le Réveillon, est spectaculaire dans la magnifique salle à dîner du Château. Demandez et vous l’aurez. Dinde, tourtière et ragoût de pattes traditionnels, c’est un must, mais aussi la côte de bœuf qui fait la notoriété de l’hôtel depuis des décennies, parmi l’abondance exponentielle de plats, d’accompagnements et de gâteaux et douceurs. À la Saint-Sylvestre, on sert un dîner gala éblouissant à six services, et on sabre le champagne pour marquer le coup. Pour perdre les kilos accumulés au cours des fastueuses agapes, quelques coups de patin sur une des deux patinoires extérieures le lendemain, un grand bol d’air frais à la pêche blanche sur la rivière ou une balade sous les étoiles joindront l’utile au merveilleux.

À la table des princes
« C’est un privilège de faire ce que je fais ici », de dire le chef exécutif du Château Montebello, Jean-François Fortin. Nous sommes dans un environnement de vacances, il y a un effet chalet qui fait son œuvre décontractée, mais on reste toujours sur la coche du haut avec la signature Fairmont ». Le chef Fortin est originaire de Montréal. Il a l’habitude des grands hôtels de villégiature pour avoir officié dans les cuisines du Château Frontenac de Québec, du Jasper Lodge en Alberta et du Fairmont Algonquin à Saint-Andrew au Nouveau-Brunswick. « La marque distinctive des cuisines Fairmont, c’est la grandeur dans la simplicité et la fraîcheur des produits d’exception de manière à ne pas dénaturer les textures et les saveurs », ajoute-t-il.

Dans la mesure du possible et là où l’approvisionnement peut se faire avec les volumes nécessaires, les produits utilisés sont choisis parmi ceux du terroir des environs. Le porcelet, chouchou du chef, vient de la ferme Gaspor de Saint-Canut, on reçoit les pleurotes roses et bleues de L’Ange-Gardien, le bison au menu du brunch dominical est élevé à la ferme Takwanaw de Thurso, le cerf de Boileau est toujours présent sur les tables et le canard provient de Saveurs des Monts, de Val-des-Monts. « La région environnante déborde de petits éleveurs, artisans et producteurs comme La Pleurotière et L’Aspergerie, qui se spécialisent dans des produits d’exception. Nous sommes choyés », conclut-il.

Le restaurant Aux Chantignoles, c’est la table des princes du Château Montebello sous la gouverne du chef Daniel St-Pierre. Le menu se renouvelle à chaque saison, axé sur les fraîcheurs du marché. Les poissons et fruits de mer y sont bien représentés avec deux arrivages chaque semaine, du bar, de l’omble de fontaine, du saumon, essentiel pour effectuer les bouchées de mi-cuit présentées en entrée. Le chef fait honneur à la Fromagerie Montebello en présentant ses fromages en format dégustation ou en fondant de Tête à Papineau sur asperges qui s’avère une magnifique association. Deux incontournables au menu : la longe de cerf et le porcelet Gaspor, des viandes de choix de la région dont on soigne la tendreté à la cuisson. Les garnitures sont délicates, les accompagnements bien relevés. Les gros appétits osent la côte de bœuf de 24 onces, un classique qui a encore de farouches adeptes malgré le déclin de popularité de la viande bovine. Différents forfaits incluant de trois à six services font osciller le prix de base entre 56 $ et 86 $ par personne, avant vin, taxes et service. En bonus, on vous fait la surprise d’une mise en bouche qui fera patienter avant l’arrivée de l’entrée et d’un granité aux agrumes ou aux litchis servi juste avant le plat principal. La carte des desserts est spectaculaire et on succombe sans retenue.

Circuit gourmand hivernal
 Voici douze destinations gourmandes où on vous accueillera, même durant l’hiver, pour vous faire découvrir quelques spécialités de la région. On remarquera que plusieurs entrepreneurs et artisans ont développé entre eux une fructueuse collaboration qui a donné naissance à des produits et des événements qui enrichissent toute la région.

1- Fromagerie Montebello
Arrêt obligé au plein cœur de la municipalité pour saluer l’envergure de cette jeune entreprise qui produit trois fromages dont les noms sont collés à l’histoire de la région : deux fromages de vache, la Tête à Papineau et le Rébellion 1837 - grand gagnant d’un Caseus 2014 dans la catégorie pâte persillée - et le brebis Manchebello qu’on laisse vieillir de 6 à 12 mois.
687-A rue Notre-Dame, Montebello • T 819 309-0547
fromagerie-montebello.ca

2- Chocomotive
Cachet unique dans cette chocolaterie artisanale logée dans l’ancienne gare de Montebello toute habillée de rondins. Pause chocolat chaud tout en admirant les artisans fabriquer sur place les manons, les truffes au beurre, les tablettes aux multiples noix et parfums et les bouchées au caramel à la fleur de sel. Un économusée où le plaisir de déguster va de pair avec celui d’apprendre. Chocolat bio et équitable exclusivement.
502, rue Notre-Dame, Montebello
T 819 423-5737
chocomotive.ca

3- Les Brasseurs de Montebello
Une troisième bière vient de s’ajouter au palmarès de ces fougueux entrepreneurs dont la brasserie vient tout juste de prendre racine dans le village. On saisira la chance de goûter à cette Choco-Bello, une ambrée fabriquée avec des écorces d’orange et le chocolat de Chocomotive. Ouvert le samedi et le dimanche à partir de 11h durant l’hiver.
485, rue Notre-Dame, Montebello • 1 844 JAI-SOIF
brasseursdemontebello.com

4- Ferme Jacques et Ginette Trépanier & Fils
Une des rares fermes de la région à recevoir les visiteurs durant l’hiver pour les ketchups, marinades et confitures faites avec les produits du jardin familial. Jamais vu de fraises aussi abondantes dans un pot de confitures. Au congélateur, les pâtés au poulet et les tourtières maison et au frigo, les produits de la Fromagerie Montebello. Juste à côté de l’Aspergerie, malheureusement fermée l’hiver.
440, route 323, Papineauville • T 819 983-1639

5- Domaine Mont-Vézeau
Premier vignoble de la région de la Petite-Nation à avoir une licence d’exploitation doublé, depuis plus récemment, d’une fraisière. Durant l’hiver, il faut prendre rendez-vous pour visiter et goûter les vins du Domaine, de cépage rouge ou blanc, et le vin de fraise.
365, Route 321, Ripon • T 819 428-2291
domainemont-vezeau.com

6- Épicerie Robert David
Avant, c’était la Boucherie Jacques David, le père. Aujourd’hui, Robert étend l’inventaire à une foule de produits régionaux en plus de faire ragoût de pattes, saucisses, tartes au sucre et tourtières de bison. Le lieu ne manque pas d’intérêt avec sa belle collection de boîtes anciennes comme cette Laura Secord qui dépasserait le centenaire!
22, rue Principale, Chénéville • T 819 428-3125

7- Le Marché des Brasseurs d’ici
On s’étonne de découvrir un tel inventaire dans cette petite municipalité, de produits de l’Outaouais et de la Petite-Nation. Un nombre record de variétés de bière de micro-brasserie – on parle de 300 - dont plusieurs de la région.
60, rue Albert-Ferland, Chénéville • T 819 684-2233

8- Boulangerie Nouvelle-France
On ne parle plus que d’eux depuis qu’ils ont installé leur pétrin il y a deux ans. Une boulangerie artisanale comme on les aime. Ouvert du vendredi au dimanche inclusivement durant l’hiver.
94, rue Principale, Chénéville • T 819 428-5020

9- Ferme Moreau
Une boucherie-charcuterie de cette qualité à la campagne, on voit rarement ça. Le jambon et le bacon ainsi que tous les produits sortis du fumoir sont extra de même que les dérivés de l’érablière propriété de la ferme.
191, ch. Saint-André, Ripon • T 819 983-1497

10- Marché public de la Petite-Nation
Durant l’hiver, les maraîchers font une pause et les produits transformés de la région prennent le relais la fin de semaine. Une belle vitrine qui met en valeur le travail des artisans, des producteurs et des éleveurs. Marchés de Noël les 13-14 et 20-21 décembre.
1268, Route 317, Ripon • T 819 983-1848

11- Fromagerie Les Folies Bergères
Une bergerie sur 40 acres de pâturages et une fromagerie où on s’approvisionne parmi la dizaine de variétés de brebis aux noms folichons comme Fou-fou féta et Jupon frivole.
955, Route 317, Saint-Sixte • T 819 983-4010
lafromageriedesfoliesbergeres.ca

12- Ferme Takwanaw
La plus populaire des fermes d’élevage de bisons du pays avec ses 400 bêtes nourries à l’herbe et au foin, réputées pour leur chair faible en gras et les nombreux produits dérivés. Mieux vaut prévenir à l’avance pour visiter.
675, Montée du Gore, Thurso • T 819 985-0401
takwanaw.com

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Le plus ancien Chinatown d’Amérique

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CALIFORNIE
Publication : 28 avril 2017
Par Hélène Côté
Publication : Eté 2016

PHOTOS CHINESE HISTORICAL SOCIETY OF AMERICA

Terre promise pour les aventuriers de la planète en quête d’un avenir meilleur, San Francisco est un monument d’histoire empreint de la culture de ses peuples fondateurs. Un bouillon de culture avec ses différents quartiers bien typés. Le Chinatown est parmi les plus intéressants hors du continent asiatique et le plus ancien en Amérique.

Le rêve californien
Les premiers arrivants en provenance de l’Empire céleste ont abordé la côte californienne en 1848, rompus aux promesses des gisements aurifères de la région. La population se stabilise autour de 170 000 aujourd’hui, ce qui représente 20 % de la population de la ville estimée à 865 000 en 2014 par le US Census Bureau. Longtemps connue comme abritant le plus gros Chinatown en Amérique, San Francisco cède l’honneur depuis récemment à la ville de New York. Signe de l’ascension de la diaspora chinoise en Californie, le maire actuel, Ed Lee, est d’origine chinoise.

Vie quotidienne en 2016
On estime à environ 15 000 la population qui réside actuellement dans le quartier chinois proprement dit, pour la plupart des personnes âgées, inconditionnelles à leurs habitudes sociales et alimentaires dans ce petit périmètre d’un kilomètre carré. Les loyers y sont élevés, plusieurs appartements n’ont qu’une seule pièce, 10 pieds par 10 pieds, toilettes communes à l’étage. Couleur locale : il n’est pas rare de voir sur le rebord des fenêtres un alignement de poissons ou de piments à sécher au soleil. Ou d’entendre le cliquetis des pièces de mahjong s’entrechoquant les unes contre les autres.

Encore aujourd’hui, on peut vivre ici exclusivement des ressources du quartier, commerces alimentaires à profusion, temples, écoles, institutions culturelles, établissements de santé. Mais l’exode progresse : les nouvelles générations se déplacent vers le centre-ville ou le quartier des affaires, quand ce n’est pas vers la mecque des hautes technologies, Silicon Valley. « Je suis née ici en 1945 », nous apprend la sympathique Gimmy, notre guide d’origine chinoise, en désignant le Chinese Hospital en poste depuis plus de 100 ans. « Ma mère et moi-même n’habitons plus dans le quartier », ajoute-t-elle.

Une lutte de tous les instants
Les rues, les allées étroites, les bâtiments, tout témoigne de l’histoire en dents de scie de ce quartier de San Francisco. Le tremblement de terre de 1906 fut une perte quasi totale pour la communauté chinoise, une lutte de tous les instants pour rebâtir le quartier au même endroit. Quand le feu vert fut donné pour la reconstruction, on décida d’en faire une attraction touristique en plus de rebâtir le quartier résidentiel et commercial. Les devantures en forme de pagode, les lampadaires stylisés à l’orientale, la profusion de lanternes colorées et l’omniprésence d’enseignes aux signes indéchiffrables, autant d’images non équivoques de l’identité du quartier.

Pacotille, œuvres d’art et dumplings
On entre officiellement dans le Chinatown par l’élégante porte en forme de pagode, érigée à la limite du quartier des affaires sur la rue Bush. Orné de dragons, de poissons et de foo dogs, ces chiens sacrés gardiens des temples en Asie, ce monument est un cadeau du gouvernement de Taïwan en 1969. La porte ouvre l’accès sur la rue Grant, la colonne vertébrale du quartier et le centre de la vie commerciale. Elle déroule son défilé de petits commerces, d’imprimeries locales, de bazars de bijoux, d’objets en jade et de tuniques de soie. Il y a de tout, de la pacotille aux beaux objets d’art. On y croise des temples bouddhistes nichés à l’étage, des musiciens de rue, des vendeurs ambulants et de nombreux restaurants populaires, plusieurs spécialisés dans les nouilles, les dumplings et les dim sum, réputés pas chers, qui font le ravissement des travailleurs du centre-ville à l’heure du midi.

Des ruelles chargées d’histoire
Pour sortir des sentiers touristiques, il faut emprunter la rue Stockton, parallèle à Grant. On y voit les résidants faire leurs courses alimentaires, médicinales et vestimentaires. Les narines sont assaillies par les parfums d’encens mêlés à ceux d’épices et herbes vendus à ciel ouvert. L’œil occidental sera dérouté par les coupes inhabituelles des boucheries, les pattes de poulet et les entrailles de porc étalées au grand jour.

On capte l’essence de la vie à la chinoise en osant les petites ruelles. La Ross Alley, la plus ancienne, autrefois bordée de maisons de jeu, de fumeries et de bordels, vous fera notamment découvrir les artisans du Golden Gate Fortune Cookie Factory. La Spofford Lane, un bloc au sud, vous plongera au cœur de l’histoire, puisque ce fut le quartier de résidence de Sun Yat Sen, considéré comme le père de la révolution chinoise au début du XXe siècle. Une statue a été érigée à sa mémoire un peu plus loin au St Mary’s Square. On appréciera le défilé de balcons colorés de la place Waverley et les vêtements frais lavés, offerts au soleil du jour, suspendus aux grilles des sorties de secours, au-dessus des ruelles.

Dormir et manger chez les Italiens
 On préférera peut-être les petits hôtels de North Beach, le quartier italien mitoyen au Chinatown, au Hilton du quartier chinois. Jolies terrasses et avenues colorées sont à l’image d’un autre important peuple fondateur de San Francisco, les Italiens. Le San Remo Hotel (sanremohotel.com), plus que centenaire, a le charme suranné des vieilles pensions victoriennes. Son réputé restaurant Fior d’Italia (fior.com) vous changera après une journée de chinoiseries avec son splendide osso buco à la milanaise ou un authentique risotto à la piémontaise. À moins qu’on préfère l’imprenable vue sur le Fisherman’s Wharf et le Golden Gate Bridge du restaurant Alioto’s (aliotos.com) qui sert le meilleur clam chowder en ville et cuisine soles et crevettes de la baie de San Francisco. Le restaurant Cioppino’s (cioppinosf.com) vous ravira avec sa classique et copieuse bouillabaisse à l’italienne, avec plusieurs variétés de fruits de mer, accompagnée de grandes tranches de pain à l’ail.

Inestimables partenaires
Le Wok Wiz walking tours vous propose une visite du quartier (de 10h à 13h) couplée d’un lunch à l’Oriental Pearl Restaurant et son menu spécial à doux prix : dumplings farcis, nouilles et rouleaux variés. Savoureux, paisible et très accueillant. wokwiz.com

La Chinese Historical Society of America (CHSA) Museum, la plus ancienne en Amérique, pour l’histoire, les costumes, les fabuleuses photos d’époque. chsa.org

Le San Francisco Travel, une mine d’informations, des cartes et des plans.
sanfrancisco.travel

Le service Hop On Hop Off du City Sightseeing San Francisco, un formidable réseau d’autobus. city-sightseeing.us Le CityPASS et son accès au réseau de transport, incluant les fabuleux tramways qui s’accrochent comme des lézards aux flancs escarpés des rues. citypass.com

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La magie de Salem, bien au-delà des sorcières

Détails
MASSACHUSETTS
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Automne 2016

PHOTOS DESTINATION SALEM

Source d’inspiration de moult films, romans, ouvrages historiques, pièces de théâtre et autres séries télévisées, on associe facilement la ville avec le retentissant procès des Sorcières de Salem, un épisode fameux intimement lié à l’histoire coloniale des États-Unis, en 1692, dans l’État du Massachusetts.

On ne peut ignorer bien entendu cette tragédie qui a coûté la vie à 20 personnes accusées de sorcellerie (14 femmes mais aussi 6 hommes), et qui suscite encore les passions. Et si quelques sites, musées et lieux publics en font dignement la commémoration, trop de boutiques de potions et de baguettes magiques, de t-shirts à l’effigie de sorcières et de consultations de voyance en banalisent la solennité.

Malgré tout, voici que l’endroit se révèle être une des plus jolies villes littorales de la Nouvelle-Angleterrre, avec ses musées et ses résidences magnifiques, ses restaurants et ses cafés, son port de mer historique.

Voici notre choix de bonnes adresses :

Salem Witch Trials Memorial
Rue Liberty
salemweb.com/memorial

Ce vaste espace public extérieur commémoratif, est situé à 2 pas de l’endroit même où eurent lieu les exécutions des victimes, dites « les Sorcières de Salem ». 20 pierres gravées à leur mémoire sont installées dans un jardin fleuri et ombragé, rendant ainsi hommage à autant d’innocentes personnes. Une réflexion sur la peur et la superstition, l’intolérance et l’ignorance, et la méfiance envers un système pénal qui a échoué à les protéger.

Salem Witch Museum
19 ½ N Washington Square
salemwitchmuseum.com



Reconstitution spectaculaire de la fameuse chasse aux sorcières de 1692. Les débuts, le procès, les exécutions. La présentation se base sur les documents réels du procès. Le visiteur pourra alors revivre ce drame à travers 13 tableaux grandeur nature. La narration se fait en anglais mais également en français, en allemand, en japonais et autres langues, à l’aide d’un audioguide. Sur le même thème, le Witch House (witchhouse.info), le Witch Dungeon Museum (witchdungeon.com), et le Salem Wax Museum of Witches and Seafarers (salemwaxmuseum.com).

Essex Peabody Museum
Coin Essex et New Liberty
pem.org

Ce musée de classe internationale en plein coeur de la ville ne contient pas moins de 1,8 million d’objets répartis en de multiples galeries thématiques. Fondé par les marchands maritimes de Salem en 1799, le musée abrite une extraordinaire collection d’objets d’art et de culture d’Amérique du Nord, de Chine, du Japon et de l’Inde, fruits d’échanges commerciaux engagés sur une période de 200 ans. La pièce de résistance, toutefois, est la visite de la Maison chinoise, une authentique résidence de 16 pièces qui date de 200 ans, habitée par la même famille pendant huit générations, débâtie puis transportée de Chine pièce par pièce pour être reconstruite intégralement dans le musée.

House of Seven Gables
115 Derby St.
7gables.org

Pour découvrir les secrets de la Maison au sept pignons (House of the Seven Gables) qui a inspiré le romancier Nathaniel Hawthorne. Le prix d’entrée comprend une visite au lieu de naissance de l’auteur et ses magnifiques jardins.

Historic New England’s Phillips House
34 Chestnut St.
historicnewengland.org

Visite dans la maison d’une des familles les plus riches de Salem autour de 1900. Les habitudes quotidiennes, le service des domestiques, le menu dominicial, et aussi une imposante collection d’automobiles, sur la plus jolie rue résidentielle de Salem.

Salem Maritime and National Historic Site
nps.gov.sama

Une promenade dans ce parc national qui cherche à préserver l’âme d’un des principaux ports de commerce mondiaux à l’époque. On y découvre une histoire fascinante autour des quais, des bâtiments administratifs, des entrepôts qui servaient à conserver les épices, le café et le thé, les soies et l’ivoire, et d’une réplique du bateau Friendship, un vaisseau marchand construit en 1797 et qui a marqué l’histoire de Salem.

Où manger
 On peut se familiariser avec l’offre alimentaire de Salem en participant à un tour guidé offert par Salem Food Tours (salemfoodtours.com). Bien que tous les types de cuisine soient représentés à Salem, mieux vaut opter pour les poissons et les fruits de mer, l’océan voisin étant garant de leur fraîcheur. Nous avons suivi les recommandations du bureau de tourisme local: Turner’s Seafood at Lyceum Hall Une authentique cuisine de la Nouvelle-Angleterre, des prises du jour et un marché aux poissons (43 Church St. turners-seafood.com). Finz Seafood and Grill Une belle grande terrasse qui donne sur le port de Salem. Menu tout poisson mais aussi steak et poulet. Le raw bar est particulièrement prisé (76 Wharf St. finzseafood.com). Adriatic Restaurant & Bar Un restaurant de cuisine méditerrannéenne avec poisson frais du marché, pâtes fraîches et pizzas four à bois. Belle carte des vins (155 Washington St adriaticrestaurantandbar.com). Sea Level Oyster Bar and Kitchen Un endroit très couru sur Pickering Wharf avec vue imprenable sur le port de Salem. Plateau de fruits de mer et poisson grillé, mais aussi pizza et un très grand choix de bières (94 Wharf St. sealeveloysterbar.com).

Hôtel Hawthorne
18 Washington Square W.
hawthornehotel.com

Plusieurs hôtels accueillent les visiteurs à Salem. Celui que nous avons retenu est au cœur de la vie culturelle et historique de la ville, à distance de marche de toutes les activités. Cet hôtel de 93 chambres d’une grande élégance, construit en 1925, a eu comme clients le président George Bush, Betty Davis et Tony Bennett. Deux bonnes tables y accueillent les invités : The Tavern on the Green propose un menu café américain de grande qualité alors que le Nat’s offre un environnement à l’européenne avec une grande variété de fromages, le steak frites, le canard rôti et la crème brûlée.

Il faut compter environ 5 heures de route pour se rendre à Salem. Par l’autoroute 10, la 35, puis la Interstate 89 une fois franchie la frontière. On emprunte la Interstate 93 à la hauteur de Concord, puis la Interstate 95 et enfin la 114 qui nous mène au centre-ville.

Remerciements
Nous tenons à remercier Destination Salem (Salem.org) pour avoir facilité notre séjour et nous avoir mis en contact avec les principaux acteurs de la vie touristique locale. L’hébergement a été généreusement offert par l’hôtel Hawthorne et plusieurs restaurants nous ont reçus à titre gracieux.










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Portsmouth, sur les traces des pionniers

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NEW HAMPSHIRE
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Printemps 2016

Le New Hampshire est connu pour ses sommets élevés, ses paysages ruraux ponctués de villages typiques, ses kilomètres de forêts et ses parcs magnifiques, ses activités de sports d’hiver, de randonnées sous les feuilles d’automne, d’alpinisme et d’activités nautiques sur des lacs invitants. Cet état de la Nouvelle-Angleterre qui borde le Québec à son extrémité nord a aussi une fenêtre de 29 km sur l’océan Atlantique. Nous visitons la très jolie ville de Portsmouth, la seule ville côtière d’importance de l’État.

Parcourir Portsmouth est un peu une promenade dans le temps où le visiteur exalté par le charme fou de la cité oublie qu’il foule les pas des premiers colons d’Amérique. La ville a été fondée en 1623, ce qui en fait la troisième plus ancienne des Etats-Unis. À partir du moment où votre auto aura trouvé sa piaule, il est loisible d’amorcer l’exploration de la ville à pied, le centre étant assez peu étendu et les quartiers névralgiques à distance raisonnable.

Au coeur de l’action se trouve le Market Square, au carrefour des rues Congress, Pleasant et Market, dominé par l’austère et historique église North Church (début 19e siècle). C’est ici où affluent touristes, gens d’affaires et jeunes de la place. C’est aussi là où les concerts improvisés en plein air attirent les badauds, où les observateurs de nuits étoilées installent leur téléscope, et où les amoureux se donnent rendez-vous pour une première fois. Le visiteur en fera son point de départ vers toutes les directions pour une promenade dans le quartier portuaire, pour une visite de lieux historiques et de musées, pour explorer les rues commerçantes et son offre shopping tous azimuts (aucune taxe de vente au NH) et, bien entendu, pour butiner les menus affichés aux façades d’un nombre ahurissant de restaurants.

Le port
Apanage des villes côtières, Portsmouth a été construite autour de l’activité portuaire. Entre les bâtiments marchands plusieurs fois centenaires et les quais de débarquement, la vie au port y est plus frétillante que jamais même après presque 400 ans de service. Ici un bateau de pêche commerciale au retour d’une journée que l’on souhaite fructueuse, là un yacht de millionnaire quitte pour se rendre à la mer, pendant que les fameux tug boats, ces puissants remorqueurs, font la sieste avant de guider quelques géants des océans. Au loin, des grues gigantesques transbordent des conteneurs en provenance d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie; des camions déchargent des quantités inouïes de sel de mer rose et brun, destiné à l’épandage sur les rues glacées de la Nouvelle-Angleterre. D’anciennes installations rendues désuètes sont devenues chics restos, cafés ou boutiques de souvenirs, joliment intégrés au paysage portuaire. D’autres bâtiments sont convertis en condominiums et bureaux de professionnels avec vue imprenable sur la rivière Piscataqua, qui fait frontière avec le Maine.

Une sortie en bateau est tout indiquée pour qui s’intéresse à l’histoire de la place. Un départ est prévu à toutes les 2 heures sur la péniche Heritage pouvant contenir quelque 50 personnes, avec petit bar intégré. L’excursion, agréable et commentée, dure environ 1h15. On y observe des constructions fortifiées, plusieurs phares maritimes et la Portsmouth Naval Prison, un imposant établissement carcéral à l’abandon depuis 45 ans. Puis défilent de somptueuses résidences d’époque avec plages privées, des hôtels de luxe sur de magnifiques propriétés, et une collection de superbes yachts amarrés qui ne demandent qu’à être admirés. Bref un peu de voyeurisme sur les fortunes ancestrales transmises de génération en en génération par de riches marchands, de prospères banquiers et de politiciens bien en vue. Portsmouth Harbor Cruise www.portsmouthharbor.com

Les plages
De grandes plages à sable blond sont à moins de 20 minutes du centre de Portsmouth. On y accède par différents chemins, mais on préconise le Coastal Drive ou la 1A, une route qui longe le littoral où l’on peut apprécier une vue sur la mer d’un côté, de magnifiques propriétés de l’autre, et accéder au plages de Hampton Beach, Jenness State Beach ou Wallis Sand Beach. La ville est aussi dotée de l’une des plus grandes piscines d’eau douce extérieure en Nouvelle-Angleterre. Située sur Peirce Island, à quelques minutes du centre-ville, la piscine fait 300 pieds de longueur par 100 pieds de largeur, plus que le double d’une piscine olympique, avec pente descendante de 18 pouces à six pieds. Ouverte aux familles, aux nageurs de tous niveaux et aux visiteurs de passage.

Manger
Portsmouth serait la seule ville en Amérique où le nombre de places assises au restaurant dépasse sa population. Il y aurait près de 22 000 places alors que la ville n’affiche que 21 440 habitants. Ici les propriétaires de restaurants en sont souvent les chefs et la qualité est au rendez-vous. On croirait que, tacitement, on aurait convenu de faire avancer la gastronomie locale à un niveau encore jamais atteint, si bien que Portsmouth figure aujourd’hui parmi les huit meilleures « petites villes » d’Amérique pour foodies.

Bien entendu, mer nourricière oblige, poissons et coquillages figurent sur tous les menus ou presque, du restaurant familial de fruits de mer où le homard est roi, au bar à huîtres branché avec carte de vins assortis. Au River House American Grill & Bar, recommandé par la chambre de commerce locale, avec terrasse donnant sur le port, le homard est une spécialité proposée dans toutes ses déclinaisons et le fish chowder sera peut-être le meilleur que vous ayez goûté. Décontracté et festif, le Blue Mermaid Island Grill propose une cuisine d’inspiration caribéenne et c’est sans regret que j’ai accepté une paella où le safran a été remplacé par du cari, sacrilège pour le puriste, mais tout à fait délicieux. Le restaurant Portsmouth Gas Light Company & Co. (pizza four à bois, grillades et pub), logé dans les premiers bâtiments de services public de la ville (1837) sur le rue Market, est certainement un excellent endroit pour apprécier la vitalité de downtown Portsmouth. Toujours au cœur du centre-ville historique sur la très jolie et piétonnière Commercial Alley, le restaurant Cava Tapas & Wine Bar propose un interprétation moderne de tapas, avec bar à vins idoine. Portsmouth est aussi bien servie par une cuisine grecque, italienne, mexicaine et asiatique et un nombre grandissant d’adresses végétariennes et végétaliennes. Deux fois par année, la Chambre de commerce poursuit son événement-phare, le Portsmouth Restaurant Week, une fête gourmande qui dure 10 jours où plus de 40 restaurants offrent leur menu à prix fixe. Ce printemps, il aura lieu du 31 mars au 9 avril.

Au chapitre des boutiques de spécialités alimentaires, retenons cette nouvelle adresse opérée par un jeune couple de Français nouvellement installé au New Hampshire, La Maison Navarre, qui a un succès fou avec ses croissants frais et ses macarons aussi colorés que désirables par une population locale ouverte à la nouveauté. Aussi la chocolaterie Byrne Carlson Chocolatier, qui revendique les meilleurs chocolats en ville, et la réputée boulangerie Ceres Bakery pour la plus grande variété de produits de boulangerie maison. Une petite entreprise locale, Porsmouth Eats Tasting Tour, offre des tours guidés thématiques pour foodies.

River House American Grill & Bar, 53 Bow Street, www.riverhouse53bow.com
Blue Mermaid Island Grill, 409 The Hill, www.bluemermaid.com
Portsmouth Gas Light Company, 64 Market Street, www.portsmouthgaslight.com
Cavas Tapas & Wine Bar, 10 Commercial Alley, www.cavatapasandwinebar.com
La Maison Navarre, 121 Congress Street, www.mnpastry.com
Byrne Carlson Chocolatier, 121 State Street, www.byrneandcarlson.com
Ceres Bakery, 51 Penhallow Street, www.ceresbakery.com
Portsmouth Restaurant Week www.RestaurantWeekPortsmouth.com
Porsmouth eats tasting Tour www.portsmoutheats.com.

Voir
Théâtre victorien fondé en 1878, le Music Hall est le plus ancien théâtre encore en opération au New Hampshire. Après un long épisode où il deviendra salle de cinéma, le théâtre renoue avec sa vocation de salle polyvalente. L’endroit de 900 places se prête à merveille à des productions de théâtre, d’humour, de concert symphonique, et d’opéras. Il est notamment retenu par des artistes de calibre international désireux de renouer avec l’intimité d’un public restreint. Ainsi, à guichet fermé, il va sans dire, des artistes comme Diana Krall, Joan Armatrading, Graham Nash et Tony Bennet, ont foulé récemment la petite scène de 22 pieds de large, plus proche que jamais de leur fans. À quelques pas du Music Hall, une autre salle, plus petite, et gérée par la même entreprise, The Loft, complète l’offre culturelle sur scène et propose des rencontres avec des écrivains, des spectacles de la relève et des projections cinématographique inédites.

Le Centre Discover Portsmouth est plus qu’un simple centre d’information culturelle, il est aussi une galerie d’art valorisant les peintres locaux qui ont marqué la vie artistique de Portsmouth mais prête aussi ses murs à des expositions d’artistes plus contemporains. Le centre est également le point de départ d’un tour de ville guidé.

Avec vue en plongée sur l’activité portuaire de Portsmouth, le Moffatt-Ladd House & Garden a été construit par un marchand du nom de John Moffatt en 1760-1762 et a été habité par ses descendants jusqu’en 1912, année où l’endroit est devenu un musée. Un signataire de la déclaration d’indépendance, William Whipple y a vécu avec sa femme Katharine Moffatt pendant la révolution américaine. Une visite guidée nous fait découvrir le manoir, un jardin remarquable, les dépendances et les ateliers.

Music Hall, 28 Chestnut Street, www.themusichall.org
Discover Portsmouth Center 10 Middle Street http://portsmouthhistory.org
Moffatt-Ladd House, 154 Market Street, www.moffattladd.org

Shopping
Si vous préférez les grandes chaînes, il vaut mieux opter pour les outlets de Kittery juste au nord de Portsmouth, où 200 commerces à bannière proposent leurs marchandises à prix d’entrepôt. Autrement, si vous affectionnez les produits uniques et authentiques, vous trouverez certainement à Portsmouth l’objet désiré parmi les boutiques de vêtements et de bijoux, les galeries d’art et les antiquaires, les commerces de jouets et de souvenirs. /p>

Plus du quart de sa population a des racines canadiennes-françaises, le plus fort taux parmi les États américains. Les patronymes québécois francophones y sont légion et l’affichage commercial souvent en fait foi comme ces raisons sociales improbables chez nous, les Tim Savard Plumbing, les Ryan Gagnon Chimney Cleaning ou autres L.L. Cote Sports Center…

 Remerciements
Nous tenons à remercier l’hôtel Fairfield Inn de la chaîne Marriott, un hôtel tout confort à quelques minutes du centre de Portsmouth, pour nous avoir reçus. Nous tenons à remercier également la Chambre de commerce de Portsmouth pour avoir facilité notre séjour et nous avoir mis en contact avec les principaux acteurs de la vie touristique locale.

Fairfield Inn by Marriot Porstmouth-Seacoast www.fairfieldinn.com
Greater Portsmouth Chamber of Commerce www.portsmouthchamber.org

De Montréal, il faut compter près de 5 heures de route, environ 450 km par l’autoroute 10 Est, puis la 55 Sud ; aux Etats-Unis la Interstate 91, puis la 93, la route 101, et enfin la 95 Nord, pour rejoindre ce que le magazine Forbes a consacré « l’une des plus jolies villes des Etats-Unis ».



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Une capitale à découvrir

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NEW-YORK
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Automne 2015

PHOTOS ALBANY COUNTY CONVENTION & VISITORS BUREAU, SAUF MENTION CONTRAIRE

Plusieurs d’entre vous ont visité Lake George pour ses activités récréatives ou la coquette Saratoga Springs pour les courses à chevaux et le shopping. Mais peu poursuivent leur chemin sur la route 87 jusqu’à la séduisante Albany, la capitale de l’État de New York, pour son riche héritage culturel et son passé colonial, son architecture et ses établissements d’éducation supérieure.

Je puise souvent mon inspiration au hasard de mes lectures et souvent cela m’oriente quand il s’agit de choisir ma prochaine destination. La Nouvelle-Angleterre est souvent évoquée dans les romans, dont certains au titre éloquent; il suffit de penser à Hôtel New Hampshire de John Irving, Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller ou, plus près de nous, Une duchesse à Ogunquit de Claude Jasmin. Visiter Albany m’est venu à l’idée en lisant l’histoire vraie d’Emma Albani, née Marie-Louise-Emma-Cécile Lajeunesse à Chambly. Elle fut l’une des sopranos les plus célèbres du xixe siècle et début du xxe siècle, et la première cantatrice canadienne à devenir une célébrité internationale, (Elles ont fait l’Amérique. De remarquables oubliés, Tome 1, Serge Bouchard et M.C. Lévesque). Les citoyens d’Albany, d’esprit plus ouvert à l’égard des femmes et de l’art du spectacle à l’époque, l’ont accueillie – elle avait alors 18 ans – et ont organisé une série de concerts destinés à recueillir les fonds nécessaires à son éducation musicale. En hommage à la ville d’Albany qui l’a appuyée si généreusement, elle choisit « Albani » comme nom d’artiste.

Voir
Albany fait partie de ces villes moyennes (97,000 habitants, plus de 1 000 000 pour l’agglomération, le Capital District) qui ont beaucoup à offrir aux visiteurs. Sixième plus grande ville de l’État de New York, jumelée à la Ville de Québec, elle est à l’image de ce que l’on s’attend de la capitale du troisième État le plus peuplé après la Californie et le Texas, avec sa horde de fonctionnaires, quantité de banques, de gigantesques édifices gouvernementaux, des espaces publics baignés d’immenses plans d’eau et sertis d’impressionnantes pièces d’art public, des jardins paysagés où s’intègrent monuments commémoratifs et fontaines aux eaux jaillissantes.

Le centre-ville d’Albany accueille 11 000 fonctionnaires, qui, chaque jour ouvrable, entrent et sortent de la ville. Tous ou presque habitent la banlieue. La fin de semaine, allégé de sa masse laborieuse et des étudiants des nombreux collèges et universités, Downtown Albany appartient aux touristes. Sur le périmètre de l’Empire State Plaza, le « cœur » de l’administration publique – un grand espace érigé sous le gouverneur Nelson A. Rockefeller – trônent d’austères tours modernes, une salle de spectacles aux formes stupéfiantes nommée The Egg (www.theegg.org), un centre de congrès moderne et l’imposant Legislative Building, tout près de colossaux édifices d’époque comme le New York State Education department, le Albany City Hall, et surtout le New York State Capitol (www.ogs.ny.gov), siège du gouvernement de l’État de New-York depuis 1880, une merveille de l’opulence architecturale de la fin du XIXe siècle, qu’on a pris 32 ans à construire.

Toujours sur l’Empire State Plaza, le New York State Museum (www.nysm.nysed.gov), un magnifique musée polyvalent qui s’intéresse à la fois à l’art, aux sciences et à l’histoire. On y présente entre autres des expositions permanentes sur les régions sauvages des Adirondacks, sur les oiseaux de New-York, sur Harlem dans les années 20, sur les populations indigènes de New-York et une très belle collection d’artefacts, de photos et de reconstitutions des lieux d’accueil à Ellis Island lors des multiples vagues d’immigration. Une émouvante commémoration du World Trade Center est certainement une autre bonne raison de s’y rendre, L’entrée est gratuite. Autre endroit d’intérêt, le musée Albany Institute of History & Art (www.albanyinstitute.org), fondé en 1791, qui est dédié à la conservation et à la promotion de l’histoire de l’art et de la culture d’Albany et de la grande région de la vallée de l’Hudson.

Tous ces endroits sont à distance raisonnable à la marche même si un transport en commun efficace peut vous épargner quelques ampoules aux pieds. Il est notamment possible de se procurer le Walking Tour of Albany au bureau d’accueil d’Albany (www.albany.org/visitors-center), un itinéraire auto-guidé du centre-ville historique d’Albany.

N’oublions pas que la capitale est sur les rives de la mythique rivière Hudson et qu’une croisière en bateau y est non seulement possible (1h30/ 20 $) mais aussi fort agréable, par la firme Dutch Apple Cruises (www.dutchapplecruises.com). Microcosme de l’Amérique ?

Tout ce faste a un prix à payer et Albany a certainement son lot de nids-de-poule, de corbeilles publiques débordantes et de traverses dallées rapiécées par une couverture d’asphalte. Mais le signe le plus flagrant est sans doute ce contraste marqué entre le centre de la ville et les zones limitrophes où on constate de nombreuses poches de pauvreté. Ici, d’anciennes belles Victoriennes maintenant placardées voisinent des commerces laissés pour compte, là un poste d’essence à l’abandon à côté d’un studio de tatouage. Bref, l’image que nous avons souvent des grandes villes américaines.

Boire et manger
 Il vaut mieux opter pour des valeurs sûres, choisir les classiques américains ou plonger littéralement dans l’« ethnique » et ne pas trop s’aventurer vers des propositions trop branchées où l’on mêle tristement « poissons fins et sauce barbecue ». Impossible de ne pas arrêter chez Jack’s Oyster House (42 State St. www.jacksoysterhouse.com), où sont à l’honneur fruits de mer et poissons frais, un établissement familial fondé en 1913. Le Albany Pump Station (19 Quackenbush Square, www.evansale.com), est un exemple de mise en valeur du patrimoine en récupérant les installations d’une ancienne station de pompage pour en faire un remarquable espace à la fois microbrasserie et restaurant très couru pour ses sandwichs gourmets et ses burgers revisités. Yono’s (25 Chapel St. www.yonos.com), reconnu pour sa cuisine continentale aux accents asiatiques est un restaurant intégré à l’hôtel Hampton Suites and Inn. Autrement, une visite au New World Bistro-Bar (300 Delaware St. www.newworldbistrobar.com) pour un brunch gourmand dans une ambiance décontractée vous fera en même temps découvrir un secteur revitalisé d’Albany. Réputé pour ses hamburgers et ses Fish & Chips, le McGeary Irish Pub (Clinton Square www.mcgearyspub.com) est certainement un excellent choix, alors que El Loco Mexican Café (465 Madison Av., www.ellocomexicancafe.com) pour le Tex-Mex et la cuisine traditionnelle mexicaine – et un des meilleurs gaspachos jamais goûté – vous ravira. Unique, la distillerie Albany Distilling Co. (78 Montgomery St., www.albanydistilling.com), la première du genre à Albany depuis la fin de la prohibition, fabrique de façon artisanale un excellent whiskey mais aussi un très bon rhum ambré. On peut visiter les installations et goûter les produits pour 5 $ seulement.

Dormir
De style manoir new-yorkais, Le MorganState House a été construit en 1884 et est collé sur le magnifique parc Washington dessiné par Frederick Law Olmsted, le célèbre architecte à qui ont doit également le parc du mont Royal. À une distance de marche du centre-ville et à deux pas de la rue Lark connue comme « Le village au cœur de la ville », les chambres spacieuses et le grand jardin anglais où prendre son petit déjeuner en fait un lieu d’hébergement de choix. Morgan State House
393 State St.
www.morganstatehouse.com

Cet hôtel de la bannière bien connue offre des chambres luxueuses d’une propreté immaculée avec de beaux meubles de qualité, un service impeccable et petit déjeuner buffet complet, un café-bistrot et un restaurant gastronomique, à proximité de tous les sites d’intérêt touristique, des commerces et des places d’affaires. Plein confort pour les clients de tous âges, on fournit le pop-corn et la brosse à dents ! Hampton Inn & Suites
25 Chapel St.
www.hamptonsuitesalbany.com

Remerciements
Merci au Albany County Convention & Visitors Bureau pour nous avoir tracé un itinéraire sur mesure, au gite Morgan State House et l’hôtel Hampton Suites Albany pour nous avoir accueillis.
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Les rois de Roatan

Détails
HONDURAS
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Printemps 2015

Île aux multiples invasions et aux occupations territoriales diverses durant les guerres interminables entre l’Espagne et l’Angleterre, et au fabuleux passé de piraterie et de brigandage, Roatan est un territoire qui appartient au Honduras à 30 km de la côte hondurienne, où l’essentiel de l’intérêt touristique tourne autour de West Bay, pour sa plage animée et ses nombreux hôtels, et de West End, où restaurants et boutiques pour touristes s’immiscent à la vie quotidienne des villageois. L’endroit est un paradis pour les plongeurs, mais qui n’est pas détenteur d’un certificat de plongée sous-marine, peut en revenir avec des sentiments partagés, voire même celui d’être un touriste de « seconde zone ». Ici, le diver est maître, et la « société distincte » dont il fait partie a pour royaume un nombre quasi-illimité de sites sous-marins, et une infrastructure d’accueil terrestre vaste et variée.

Des milliers de plongeurs, chaque année, foulent cet univers marin fascinant qui entoure Roatan et qui en fait l’une des destinations de plongée sous-marine les plus prisées de la planète avec ses eaux cristallines, ses poissons multicolores, et le plus grand récif de corail au monde après l’Australie. Ici les hôtels multiplient les forfaits, les centres de plongées qui louent ou vendent de l’équipement sont partout, et certains ont même leur propres restaurants et bars. Bref, il n’y a pas une minute dans la vie d’un visiteur à West Bay ou à West End où il n’est pas témoin d’un cours de plongée, d’un essai d’équipement sur plage, du départ en mer d’aficionados emballés, ou d’un groupe de plongeurs heureux rigolant autour d’une Salsa Vida ou d’une Barena, deux bières honduriennes appréciées. Pour qui n’est pas plongeur mais totalement rompu au bronzage ardent et parfois à une musique américaine omniprésente crachée par des hauts parleurs géants (lors de mon séjour il y avait même une discothèque flottante !), et où l’on fraie son chemin parmi les marchands de souvenirs et d’excursions à fort prix, vous êtes à la bonne place à la page de West Bay. Si par contre vous êtes un touriste le moindrement responsable et curieux, vous n’en sortirez pas tout à fait indemne. Ainsi, un ami français qui a de profondes racines latino-américaines, se souvient de West Bay il y a 20 ans, qui n’était alors qu’une longue plage presque déserte où quelques pêcheurs assuraient leur subsistance. Il se désole devant le spectacle du développement à l’accéléré et hâtif d’un urbanisme inégal, où des constructions inachevées voire abandonnées voisinent de luxueux hôtels, dans des conditions environnementales douteuses et en l’absence manifeste de politique sur le recyclage. Ils n’y retourneront pas. Puis cet autre, triste de constater que les coraux de proximité soient dénués de vie après avoir été piétinés par tant de touristes irresponsables, alors que la très grande majorité des plongeurs accrédités, je le crois, sont sensibilisés à la fragilité des sites coraliens. Ou encore ce quinquagénaire hollandais, indigné que pour chaque dollar dépensé, une partie importante va dans les poches d’un gouvernement hautement corrompu incapable de gérer ce pays d’une pauvreté inouïe, qui affiche le plus haut taux d’homicide au monde.

Cela dit, un voyage n’est-il pas souvent réussi grâce à la qualité de nos rencontres et à notre souplesse à s’adapter à un nouveau milieu de vie, aussi éphémère soit-il, parfois en laissant de côté notre sens critique ? Ainsi ces quinquagénaires non-plongeurs de Québec semblaient vraiment heureux de leur séjour, après avoir fait le plein de nouveaux amis, partageant avec eux des soirées bien arrosées. Puis ce jeune couple d’Albertains ne demandant pas mieux que de rester confinés dans l’enceinte de l’hôtel et des environs immédiats, profitant de la plage, des sorties proches en snorkels et des excursions en mer, semblaient ravis de leur sort. D’autres choisiront de faire quotidiennement la navette entre West Bay et West End en water-taxi, cette barque motorisée que l’on partage à plusieurs, alternant entre farniente sur la plage d’une part et l’effervescence des bars, des restaurants et des boutiques d’autre part.

Pour le poisson
On ne se rend compte vraiment de la nature hautement périssable du poisson que lorsqu’on le consomme sur place, fraîchement pêché, par opposition à celui vendu à la poissonnerie, parfois après plusieurs jours de transport. Ici le poisson est roi. Partout poissons et fruits de mer sont de grande fraîcheur et la cuisson, souvent sur le gril, est toujours juste. Ainsi ce filet de rouget au parfum d’ail sur macédoine de petits légumes était une pure merveille de simplicité et de goût ; et ces calamars farcis au jambon, chorizo et chair de calamar à la sauce tomatée, exquis. (Tratorria da Piero, hôtel Las Rocas, West Bay, lasrocasresort.com). Plus encore à caractère local, le rouget entier sur plato tipico, un plat typique du Honduras avec arroz con frijoles (riz et fèves noires), banane plantain frite, et salade fraîche (The Lighthouse, West End, facebook.com/lighthouseroatan). Je me suis régalé du King Crab, un crabe géant que l’on sert cuit vapeur avec sauce à l’ail à la carapace si dure que l’on fournit une robuste planche et un solide maillet de bois pour mieux parvenir à ses fins (Foster’s restaurant, West Bay, fostersroatan.com/menu). Si comme moi vous ne vous lassez jamais de poissons frais, il n’est cependant pas interdit de lorgner d’autres propositions alléchantes. Par exemple ce très bon poulet grillé sauce chimichurri (Argentina Grill, West End, facebook.com/argentiniangrillroatan) ou cet excellent hamburger tériyaki sous les bananiers et les limetiers de ce fort joli café tenu par Kim Woods, une Canadienne qui ne s’approvisionne que de produits locaux. (Earthmama’s, West End, earthmamasroatan.com). Puis à West Bay, un déli spécialisé en petit déjeuner à l’américaine, où on peut se procurer des produits fins à fort prix, mais où on offre les meilleurs sandwichs de Roatan (Mangiamo Market and delicatessen, West Bay, roatandeli.com)

Tous les menus proposent des frites comme accompagnement. Mais elles sont toujours, malheureusement, surgelées, donc à mon avis, jamais bonnes. Aussi certains restaurateurs – peut-être en voulant plaire aux touristes américains – ajoutent du sucre au arroz con frijoles, ce mélange de fèves noires et de riz, classique de la cuisine populaire d’Amérique centrale, ce qui est une pure hérésie.

S’il n’y avait qu’un seul dessert à retenir parmi un choix somme toute assez limité, c’est l’excellent gâteau au yucca, un flan fait à partir de racines de manioc (ou yucca) à l’œuf, au sucre et au lait évaporé, aux parfums de citron, d’orange ou lait de coco, parfois avec cannelle et muscade. Un délice.

Café et chocolat
Le café est une source de revenus d’importance pour le Honduras. Le pays est le plus grand producteur et exportateur de café Arabica en Amérique centrale et le septième plus gros producteur au monde. La production et l’exportation de café auraient même sauvé le Honduras de la faillite après la crise politique de 2009. Sur Roatan, des intermédaires importent le café vert du continent, le torréfient et l’emballent dans leur petite usine de production artisanale. On peut en visiter un à West Bay qui propose un café équilibré à l’ârôme intense et riche, moulu ou en grains (Café Buenos Dias, West Bay). Un peu à l’extérieur du village de West End, on emprunte un collectivo, un taxi collectif qui ne coûte que 1$ pour se rendre à la plaza Alba, un minuscule centre commercial où se côtoient boutiques de souvenirs et cafés. Le Fresh bakery and cafe est un authentique petit café pâtisserie à l’américaine où café, salades, petits déjeuners, pains et pâtisseries fraîchement sortis du four font bon ménage dans une atmosphère décontractée (Fresh Bakery and cafe, West End) et son voisin immédiat est un chocolatier artisanal où l’ensemble de la production est faite sur place à partir des meilleurs fèves de cacao du Honduras. (The Roatan Chocolate Factory, West End, facebook.com/theroatanchocolatefactory).

Île de Roatan, archipel de Bay Islands, mer des Caraïbes, Honduras, 52 000 habitants, 154 km de côtes, ville principale Coxen Hole (pop. 10 500), langues anglais et espagnol. Vol direct Montréal-Roatan par Air Transat.

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Amsterdam au fil de l’eau

Détails
PAYS-BAS
Publication : 28 avril 2017
Par Hélène Côté
Publication : Hiver 2015-16

PHOTOS HELOÏSE BRUNET-LAPOINTE

Des centaines de kilomètres de canaux et des millions de bicyclettes qui nous rappellent les années ‘50 chevauchent quotidiennement les 1280 ponts, dont plusieurs pont-levis ou à bascule. Amsterdam, joyau du Patrimoine mondial de l’UNESCO et ville touristique s’il en est une, porte bien ses 800 000 habitants.

Elle affiche peu d’errance et de mendicité et la tolérance fait bon ménage avec les policiers qui se font discrets. Un concentré d’ouverture face à la différence, d’esprit d’entreprise, de créativité, de responsabilité sociale et de beauté architecturale qui se reflète sur l’onde des canaux. Décidément, Amsterdam ne fait pas les choses comme tout le monde. À preuve : la meilleure façon de la visiter, c’est au fil de l’eau.

Plat pays
Amsterdam, c’est d’abord le Centrum, la vieille ville où tout a commencé au début du XIVe siècle. Quatre grands canaux faits de mains d’homme enserrent le cœur d’Amsterdam et de nombreuses voies plus petites les croisent pour en faire une immense toile d’araignée qui a des allures de labyrinthe. Un plat pays, aurait dit monsieur Brel, bien irrigué qui rend l’exploration facile pour les bateaux, barques et péniches qui l’arpentent presque jour et nuit.

Si les résidants d’Amsterdam optent pour le vélo dans la majorité de leurs déplacements, les néophytes de passage abordent la ville par bateau pour une bonne idée d’ensemble et pour situer les nombreux centres d’intérêt. Parmi la multitude de possibilités de transport – consulter le site canal.nl – , l’entreprise Canal Bus Hop-On Hop-Off offre pour moins de 40 $ des passes de 24 heures sur l’ensemble de son réseau. Quatre lignes différentes pour chacun des grands canaux en demi-lune : le Singel, le Herengracht (canal des Seigneurs), le Keizersgracht (canal de l’Empereur) et le Prinsengracht (canal du Prince), le plus à l’extérieur. On peut descendre du bateau aussi souvent que désiré à l’un ou l’autre des 19 arrêts du circuit.

Tourisme au fil de l’eau
On programme son itinéraire en fonction des visites à faire le long du parcours : des musées extraordinaires comme le majestueux Rijksmuseum, consacré aux arts et à l’histoire des Pays-Bas, de célèbres résidences comme celle d’Anne Frank et la Maison de Rembrandt. On mettra aussi sur sa route le réputé musée Van Gogh, parmi les établissements muséaux de très grande qualité. Ceux-ci sont courtisés abondamment par les touristes durant l’été, ce qui rend très utiles les passes coupe-file qu’offrent la plupart des bateaux. Certains transporteurs mettent de l’avant des croisières-dîners en soirée, et d’autres explorent des thématiques comme le fait Heineken, une entreprise locale qu’on peut visiter au passage et qui fait la promotion de la bière. La ballade permet d’avoir le meilleur coup d’œil sur les nombreux ponts-levis dont le Magere Brug qui relie les deux rives de l’Amstel et déploie à la verticale ses 80 mètres pour laisser passer les péniches. Le soir, le Magere Brug illuminé présente un spectacle saisissant. On peut aussi visiter sur la route les quartiers qui font la renommée d’Amsterdam, le fameux Red Light et le Bloemenmarkt, le marché aux fleurs flottant particulièrement exubérant durant la saison des tulipes de la fin mars à la fin mai.

Un défilé de maisons ancestrales
 Au cours de ces randonnées nautiques, le promeneur est frappé par la diversité de l’architecture, du baroque à la Renaissance et au néo-classicisme. On prétend que le tracé des canaux a été dessiné pour que chaque maison ait sa part d’ensoleillement quotidien. Amusant de voir ces défilés de maisons aussi étroites qu’anciennes qui semblent se soutenir les unes les autres depuis des dizaines de décennies, parfois des centaines, comme dans un décor de théâtre. La succession de pignons à redant, à volute et à corniche rappelle les défilés des coiffes des belles dames d’antan. Certains pignons sont ornés de dessins qui remontent au Moyen-Âge et qui faisaient référence à la profession du propriétaire, par exemple un canard pour identifier un éleveur de volailles. Il y en aurait 650 à Amsterdam. Intéressant de les découvrir au fil de la balade. Les adresses numérales seraient apparues seulement à l’époque napoléonienne.

Kibbelings, bitterballens et poffertjes
Déjà midi? Aux intersections des voies navales de la partie nord, les kiosques à poissons proposent le street food typique de la ville : les kibbelings, ces savoureuses croquettes de merlan ou de cabillaud et les fameux sandwiches à l’anguille ou au hareng fumé, quand ce dernier n’est pas offert et mangé tout cru, dans toute la splendeur de sa fraîcheur. Les boutiques de fromages abondent, on peut s’improviser une tartine de Gouda ou d’Edam, hollandais par excellence. Par ailleurs, ce serait une hérésie de rater les bitterballens, spécialité d’Amsterdam. Plus typiques qu’exaltantes, ces petites croquettes faites d’un mélange de viande en sauce épaissie, légères en assaisonnement, est très populaire à l’apéro qu’on accompagne d’une bière locale. Les becs sucrés apprécieront le long du parcours les petits kiosques de poffertjes ces mini-crêpes traditionnelles faites de levure et de farine de sarrasin, qu’on vous sert avec du sucre et du miel.

Pour ajouter à l’exotisme urbain, on s’arrêtera pour un sandwich jambon-fromage au Café Chris, le plus vieux des « cafés bruns » d’Amsterdam, ces établissements reconnus pour leur caractère patiné par les siècles, habituellement tout de bois vêtus, chaleureux et historiques. Le Café Chris – cafechris.nl – date de 1624 et offre un spectaculaire voyage dans le temps. On y accède par le trajet vert (Princengracht) du Canal Bus au même arrêt que la Maison d’Anne Frank. Un rappel qui pourra s’avérer utile : les coffee shops sont d’abord des points de vente de cannabis et autres substances qualifiées illicites à peu près partout ailleurs sur la planète. Improbable d’y trouver une offre alimentaire intéressante à l’heure du midi.

Dormir sur l’eau
On estime à 2 500 le nombre de péniches amarrées de façon permanente le long des canaux d’Amsterdam. Elles sont toutes raccordées au réseau d’aqueduc et d’électricité de la ville. Environ 70 d’entre elles offrent l’hospitalité aux visiteurs. Dans certains cas, on peut louer la péniche au complet pour une famille ou un groupe d’amis. D’autres offrent la location d’une chambre façon B&B. Plusieurs sont formidablement bien équipées, internet, télé, cuisinette et vue exceptionnelle sur les canaux, autant d’avantages qui font varier les tarifs de 100 $ à plus de 800 $ la nuitée. Bonne idée de bien choisir sa péniche en fonction de ce qu’offre le quartier où elle est amarrée. Pour un environnement paisible, vivant et des plus charmants, on sera séduit par le quartier Jordaan au nord-ouest d’Amsterdam. Vous aurez à quelques enjambées accès à plusieurs des grands musées, à des marchés hebdomadaires et quotidiens pour ne nommer que le Albert Cuyp Market, à de bons restaurants et à des balades à pied mémorables dans les 9 Straatjes, ces neuf petites rues pittoresques bordées de cours intérieures fleuries, de galeries d’art, de jardins paisibles et de jolies boutiques. On trouvera moult détails sur la dizaine de péniches du quartier Jordaan sur les sites houseboat-rental-amsterdam et houseboathotel.nl.

Vivre Amsterdam au fil de l’eau, c’est aussi savourer la vie quotidienne des nombreux Amsterdamais qui habitent la vieille ville, c’est voir filer les papas à vélo transportant leurs petits au retour de la garderie, c’est capter le bien-être qu’offrent les petites terrasses privées aménagées en bordure des canaux, c’est participer à la formidable marmite culturelle et sociale de cette belle toile humaine.

Paradis sur mer
À 7 km à l’est d’Amsterdam mais à l’autre bout du monde tant le rythme est à l’opposé de celui de sa voisine, voici Durgerdam. Ce charmant petit village maritime de quelques centaines d’habitants est un havre de bonheur à quelques kilomètres de la cohue urbaine. Une cinquantaine de petites maisons à pignons colorés bordent la baie et font écho à autant de voiliers amarrés juste en face. Une colonie de cygnes a adopté les fraîches eaux de la rivière Issjel en bordure de la baie, les canards y élisent domicile et de nombreuses mouettes sillonnent l’azur. Sommes-nous au ciel?

Un petit hôtel de 16 chambres accueille les visiteurs pour la nuit avec simplicité et beaucoup de gentillesse. Le personnel du De Ouden Taveern Hotel vous dira que le bâtiment d’origine a été construit en 1760 et qu’il servait de comptoir marchand où les pêcheurs écoulaient leurs prises. Le hall d’entrée qui fait office de restaurant est une mine de trouvailles qui ont chacune leur histoire. Par beau temps, on savourera kibbelings aux crevettes, wiener shnitzels et brochettes de poulet satay sur l’étonnante terrasse à paliers qui descend vers la baie.

Les sites d’observation des oiseaux sont nombreux tout autour. On y accède à bicyclette grâce à un réseau de pistes cyclables bien rodé dont certaines longent la baie alors que d’autre pénètrent dans de charmants petits villages comme Holysloot et Ransdorp. L’hôtel loue des bicyclettes et prépare des paniers-repas pour les excursions.

À un jet de pierre du centre d’Amsterdam, on s’y rend en voiture à l’intérieur de 20 minutes, et à vélo en 30 minutes, à partir de Central Station.

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Au sortir d’un conte de fées

Détails
RÉPUBLIQUE TCHÈQUE
Publication : 28 avril 2017
Par Viktor Lavoie
Publication : Été 2015

PHOTOS VIKTOR LAVOIE, SAUF MENTIONS CONTRAIRES

On dit de Cesky Krumlov que c’est la plus belle ville au pays, en plein coeur de la Bohème, inscrite depuis 1992 au patrimoine culturel et naturel de L’Unesco.

À 160 km de Prague vers le sud, Cesky Krumlov (15 000 habitants) est un concentré des charmes de la République tchèque, avec son architecture pittoresque, ses monuments historiques et sa cuisine authentique. Serpentée par la mythique rivière Moldau (Vltava en tchèque), la vieille partie se visite facilement à pied. En trois jours, on aura fait le « tour du propriétaire ».

Nous foulons ici une cité médiévale. Les chemins sinueux de pavés multi-centenaires – ennemis jurés des valises à roulettes et des talons aiguilles – tapissent l’intégralité de la voie publique toute en impasses, en venelles courbes, en ruelles étroites. On traverse des siècles d’histoires et de drames, de poésie et de fables, où la lumière et la couleur évoquent celles d’un tableau de grand maître.

La grande place – tous les chemins y mènent – inondée de soleil, rafraîchie par une superbe fontaine, est le rendez-vous des touristes au départ des visites guidées multilingues. Bonne idée de s’inscrire à l’un de ces tours organisés entre les remparts de la ville fortifiée. Ici, une brasserie artisanale créée en 1662, là une église désacralisée convertie en résidence privée ; ou encore cet ancien monastère jésuite devenu hôtel de luxe. Mais aussi tous ces immeubles joliment conservés aux façades peintes, de style baroque ou renaissance, témoins de la vie des habitants d’alors et des bouleversements politiques qui ont secoué le pays au cours des siècles. Aujourd’hui, beaucoup sont devenus hôtels, pensions ou restaurants, musées, boutiques ou cafés.

Une visite au château Krumlov (13e siècle), symbole dominant et incontournable de la ville, va de soi. C’est le deuxième château en importance au pays après celui de Prague, avec ses superbes jardins fleuris et ses fontaines en cascades, son théâtre baroque unique et une vue imprenable sur Cesky Krumlov. Le vaste complexe du château a été le lieu de vie des grandes familles fondatrices et régnantes du village sur un période de six siècles.

Pour les amateurs d’art et d’histoire, plu-sieurs musées retiennent l’attention, dont celui consacré entièrement à l’artiste local Egon Schiele (Egon Schiele Art Centrum www.schieleartcentrum.cz); un autre qui porte sur la photographie (La maison de la photographie www.ckrumlov.ca/dumforografie), ou ce musée qui est dédié entièrement à la marionnette (Marionette museum www.marionettemuseum.cz).

Boire et manger
 Presque tous les restaurants affichent un menu de cuisine tchèque traditionnelle, sans risques ni surprises. Consistante et soutenante, elle est essentiellement de viandes (surtout porc et gibier), de chou, de pommes de terres et de knedlíky, ces quenelles de farine cuites à la vapeur servies découpées en tranches qui accompagnent la plupart des plats de viande.

Un restaurant propose cette cuisine dans la pure tradition du 13e siècle, le « festin de la Bohème ancienne », un assortiment de viandes incluant jambon, faisan, canard, lapin, et pain de pommes de terre, une portion gigantesque pour moins de 12 $ incluant une pinte de bière ! Tout ça en terrasse sur le bord de la rivière Moldau (U dwau Maryi, www.2marie.cz).

Le restaurant et pub Depo présente des classiques tchèques plus raffinés. On pourra alors déguster une soupe bohémienne aux pommes de terre et champignons, un saumon grillé tomates cerises sur lit d’épinards, du lapin farci sauce à l’oignon. Nous avons choisi une très charnue cuisse de canard confite sur assiette bien garnie qui vous coûtera 10 $, en un endroit magnifique, avec vue sur le château (Depo, www.depokrumlov.cz). Plusieurs restaurants proposent le jarret de porc rôti, une spécialité à partager, présentée sur planche ou sur broche, un repas qui conviendra à 2 bons appétits. Pour se reposer un peu l’estomac de cette cuisine savoureuse mais lourde, on pourra lorgner vers l’unique restaurant végétarien où on offre une assiette dégustation des spécialités végétariennes du monde : guacamole, hummus, couscous, chili sin carne, etc… pour 8 $ (Laibon, www.laibon.cz)

Toutes ces bonnes choses sont généralement accompagnées de bières, dans ce pays où la consommation par habitant est la plus élevée au monde. La Eggenberg, issue de la brasserie locale, est fortement valorisée, mais la renommée Pilsner Urquel semble avoir la faveur populaire.

Côté sucré, le strudel aux pommes – que j’avais découvert au pavillon de la Tchécoslovaquie durant l’Expo 67 – est certainement la spécialité du coin. Un café intime et superbe, totalement dédié au strudel et qui porte son nom, le présente en sucré et en salé. Optez pour le traditionnel pomme, cannelle, raisins secs et amandes. 3 $ le strudel avec crème glacée (Strudl Krumlov, www.latran.hotely-krumlov.cz/index.php/en/cafe-strudl).

On retiendra le café Kolektiv (www.bistrokolektiv.cz); pour les excellents cafés et les gourmandes pâtisseries mais aussi comme un excellent point d’observation sur l’animation de la rue principale de Cesky Krumlov.

Où loger?
Dans la partie la plus calme de la ville, avec vue sur le château, une grande maison bourgeoise du 15e siècle dont on a conservé les poutres et les divisions d’origine. 14 chambres tout confort où fusionnent brillamment le traditionnel et le moderne. Petit déjeuner gourmand inclus. Environ 100 $ la nuit pour une chambre simple, 140 $ pour une chambre double. (Hôtel Latran, www.latran.hotely-krumlov.cz)

Parmi les dizaines de pensions – qui sont en réalités de petits hôtels – celle-ci est fort bien située à deux minutes de la place centrale et du château. Le petit-déjeuner est compris. Le prix des chambres varie de 50 à 60 $ la nuit. (Pension Danny, www.pensiondanny.cz/1/en/normal/home/)

Remerciements
Mme Eliška Koričarová, directrice marketing, Bureau de tourisme ČESKÝ KRUMLOV, Mme Nikola Schindlerovà de Hôtel Latran, et le personnel de la Pension Danny.

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Éditeur : René Soudre
Assistante à l’édition : Marili Soudre-Lavoie
Rédacteur en chef : René Soudre
Collaborateurs : Julie Turgeon, Viktor Lavoie, Emmanuelle Beaubien, Carla Geib, Alexis Drapeau-Bordage, Hélène Côté, Laetitia Arnaud-Sicari
Photos : Marili Soudre-Lavoie
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