Après une trentaine d’années intensives à se dédier aux autres, la Monteroise Caroline Emblem a reçu en avril dernier, la plus grande reconnaissance de sa vie : le prix Hommage bénévolat-Québec 2016, pour sa généreuse contribution au développement social et économique de la province.
PHOTO JOURNAL STATION MONT-ROYAL Rencontre
Entre une gorgée de thé et une question laissée en suspens, Caroline Emblem rigole des explications qu'elle vient de donner en français aux ouvriers venus sans crier gare installer les rideaux du gazebo. Et pourtant, ce n’est pas tant son charmant accent de Townie qu’il y a à remettre en doute en ce moment, mais plutôt son niveau d’énergie! Que qualifier de phénoménal n’est sûrement pas exagéré.
Au programme de sa vie, plusieurs choses. D’abord la mère, de 7 enfants. Puis la grand-mère, 18 fois plutôt qu’une. Et ensuite la femme dévouée. Aux personnes âgées du Centre de bénévolat de VMR notamment, dont elle est la co-fondatrice et présidente; aux patients du Centre hospitalier de St. Mary et à ceux de l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay-de- Montréal; aux gens en crise du groupe d’entraide Family Survivors of Suicidede l’Université McGill; à son église, son club de golf…
Ah oui, parce qu’il y a aussi, la sportive, ayant longtemps fait du ski et du tennis de compétition! Ce qui s’éloigne un peu de l’image « Mère Teresa », n’est-ce pas? Oui, mais non.
De Calcutta à Ville Mont-Royal
Le don de soi, Mme Emblem l’a toujours eu, c’est naturel chez elle. Mais ce qui l’a mené à faire du bénévolat plus intensément vient d’un certain voyage en Inde au début des années 90, lors d’un passage dans une clinique de Mère Teresa, où des gens mal en point venaient y mourir, supposément plus dans la dignité que s’ils étaient restés dans la rue. « Avant de repartir, j’ai demandé à une soeur comment je pouvais aider en revenant à la maison? Et elle m’a répondu: ne t’inquiète pas, Calcutta, c’est à travers le monde », raconte Mme Emblem, en poursuivant, « à mon retour, je voyais des gens dans le besoin partout. Et c’est là que je suis allée faire ma maitrise en théologie et études pastorales à l’UdeM », pour finalement commencer ce qu’elle appelle, sa career in voluntarism.
« C’est sûr que moi, grâce à mon mari, j’étais en position de me dédier complètement au bénévolat. Par ailleurs, vous pouvez demander à n’importe quel bénévole, ils vont tous vous le dire: le bien que vous faites aux autres, vous vous le faites à vous-même, deux, trois, quatre fois plus. Le bénévolat, c’est un accomplissement, c’est une raison d’être, c’est une manière de vivre. »
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