Depuis plus d’un an, un collectif monterois met tout en oeuvre pour faire venir une famille syrienne au pays au moyen du programme de parrainage privé de réfugiés. Un processus de longue haleine, soulevant plusieurs questions en cours de route. Station Mont-Royal les a suivi dans leur mission depuis l’été dernier.
L’ampleur du confit en Syrie l’a frappé de plein fouet. « Je ne savais pas combien ils étaient, jusqu’à ce que je lise les nouvelles et que j’apprenne qu’ils étaient des millions de déplacés…de réfugiés; et je me suis alors demandé mais pourquoi il y a si peu d’aide? », se rappelle l’instigateur du projet de parrainage, Don Cho, un résidant d’Outremont, qui s’est alors empressé de lancer un cri du coeur à sa communauté écclésiale de Ville Mont-Royal.
En septembre 2015, une trentaine de paroissiens, essentiellement issus de l’Église unie Mont-Royal et de l’Église anglicane St. Peter’s de Ville Mont-Royal, avaient répondu à son appel. Un comité de parrainage était formé. Une première pour ces deux communautés qui n’avaient jamais joint leur force avant cela pour financer une famille de réfugiés.
Bien entouré, M. Cho s’est donc tourné vers l’organisme Action Réfugiés Montréal (ARM) pour s’informer sur le programme de parrainage privé de réfugiés, « un modèle qui a débuté dans le temps des boat people du Vietnam, il y a 30, 40 ans, indique-t-il, et dans lequel plusieurs églises se sont investies notamment. »
« Puis ARM a ensuite traité notre application et nous a trouvé une famille de cinq réfugiés — trois adultes et deux enfants, qui avait un contact familial ici, à Montréal, puisque c’est leur prérequis », explique-t-il.
En quelques mois, l’argent nécessaire pour financer la famille pendant un an, soit environ 46 000 $, « un montant estimé par Immigration Canada, incluant tous les coûts de vie, ainsi que les frais médicaux non couverts par l’assurance-maladie » était quasiment atteint. Un peu plus de 38 000$ avaient été amassés par le biais de donateurs seulement.
Le 27 mai 2016, le dossier pour le parrainage de la famille de réfugiés a été approuvé par Immigration Québec. « Ça leur a pris cinq semaines seulement, j’ai vraiment été surpris!, racontait M. Cho, en août dernier. Maintenant, c’est rendu à Citoyenneté et Immigration Canada (CIC) depuis juin 2016, et c’est l’étape la plus longue. On parle d’environ huit, neuf mois pour l’approbation après que les documents aient été soumis. »
Focaliser sur leur mission première
Après une pause estivale, le collectif de parrainage s’est de nouveau réuni au début d’octobre. À l’Église St-Peter’s, une vingtaine de membres discutaient en vue de leur première activité de financement: le souper-bénéficie « Saveurs de Syrie » qui s’est déroulé le 29 octobre dernier. Mais la rencontre avait aussi pour but de faire l’état des lieux.
L’une des membres du collectif, qui s’était entretenue par téléphone avec Georgette, le contact de la famille à Montréal, apprenait donc à tout le monde en même temps ce soir-là, Don Cho inclus, que la famille avait franchi une importante étape chez Immigration Canada.On venait de jeter un nouvel éclairage. « Ce qui veut dire qu’ARM n’a donc pas l’information que Georgette détient », commentera par la suite Gretchen, une avocate à la retraite, greffée au groupe depuis peu.
Tout compte fait, après plusieurs autres discussions, dont l’une sur le fait que les réfugiés parrainés est une famille de classe moyenne; et une autre encore sur les limites de leur engagement en tant que parrains: quelques membres du collectif ont alors tenu à rappeler leur engagement de départ: « Notre mission principale est de les faire venir ici et les financer pour un an », résumait Johanne. « Get them safe, that’s our mission! », concluait pour sa part Emsey, un Syrien d’origine.
En date du 13 novembre 2016, 34 696 réfugiés syriens sont arrivés au Canada depuis le 4 novembre 2015, dont 12 988 parrainés par le secteur privé.
| Un collectif monterois d’une trentaine de membres ont entrepris en septembre 2015, les démarches pour le parrainage privé d’Edward et Fadia, sa soeur Fedaa, et les deux enfants du couple, Houman et Rita: une famille syrienne réfugiée pour le moment à Beyrouth, au Liban. Selon l'ONU, sur une population d’avant-guerre comptant plus de 20 millions de personnes, plus de la moitié de la population syrienne a été déplacée depuis le début du conflit en 2011, dont plus de 4 millions en dehors du pays. |
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