Intrigué par le fait que l’on n’a jamais autant parlé de TDAH et de douance notamment, le Journal Station Mont-Royal est allé à la rencontre du Dr Mark Chébli, propriétaire de la nouvelle clinique Neurosolution, inaugurée cet automne sur l’avenue Dunbar. Incursion dans l’univers de la neuropsychologie.
Le neurologue et propriétaire de la nouvelle clinique Neurosolution, Dr Mark Chébli, est originaire de la ville d’Adonis au nord de Beyrouth, au Liban. Arrivé au Canada en 1986, et Monterois depuis 2001, il s’implique notamment dans l’Association des parents de Mont-Royal et compte éventuellement offrir des conférences dans la communauté, afin de sensibiliser la population aux différents troubles neurologiques. PHOTO JOURNAL STATION MONT-ROYAL Comment se fait-il que l’on entende autant parler du TDAH, le trouble du déficit de l’attention, ces derniers temps? « La vérité, c’est que ce n’est pas parce qu’il y a de plus en plus de gens qui en sont atteints. Mais plutôt parce que l’on arrive aujourd’hui à mieux l’identifier », répond d’emblée le neuropsychologue monterois, Dr Mark Chébli.
L’autre raison selon lui, « c’est aussi parce que le TDAH est quelque chose qui est relativement facile à corriger, ou à pallier. Et que les effets sont assez positifs ».
Par facile, le docteur fait d’abord référence à la prise de médicaments, mais aussi au fait que les écoles sont de plus en plus ouvertes à faire de petites adaptations, mais qui vont avoir de « gros impacts » sur ces jeunes.
« Cela peut être aussi simple que d’accorder un peu plus de temps pour les examens ou bien d’asseoir l’enfant à l’avant de la classe, plutôt que de le laisser à l’arrière », illustre-t-il.
À la question, qui lui est souvent posée par des parents, jusqu'où est-ce que la société d’aujourd’hui pousse les gens à se laisser distraire plus facilement, avec toutes ces choses prenantes comme le téléphone, Internet ou les réseaux sociaux: le spécialiste explique que « cela n’est pas vraiment considéré comme un trouble du déficit de l’attention. Car à la base, le TDAH, c’est neurodéveloppemental. Ce sont les lobes frontaux du cerveau qui fonctionnent de manière moins efficaces », indique-t-il.
Reconnaître et nommer les choses par leur nom
Que l’on parle de plus en plus d’enfants surdoués de nos jours a aussi quelque chose à voir avec le fait que « l’on arrive de plus en plus à bien différencier les difficultés, aujourd’hui, à les reconnaître et les nommer », réitère Dr Chébli.
« Ce qui se passe c’est qu’avant, on parlait d’un enfant qui n’était pas bon à l’école; tandis qu’aujourd’hui, on va être capables de repérer qu’il y a peut-être de l’anxiété ou un trouble du déficit de l’attention qui se cache derrière ça. Dans d’autres cas, c’est un trouble du langage ou encore d’apprentissage, comme la dyslexie ou la dysorthographie. Mais de plus en plus, aussi, il y a également la douance qui commence à entrer dans le portrait…»
Démystifier la douance
Au contraire de ce que l’on pourrait penser, « l’intelligence, ce n’est pas le premier signe que l’on remarque chez un enfant surdoué », fait-il remarquer. « Souvent ce que l’on voit principalement, c’est beaucoup d’opposition, de difficultés sociales et de problèmes au niveau des interactions en classe. L’enfant va s’ennuyer, déranger les autres. Il vit peut-être aussi de l’anxiété. C’est que ces enfants sont beaucoup plus intelligents que la moyenne, mais ils restent tout de même des enfants. Ils n’ont pas la même façon de penser et de concevoir les choses que les autres; et ça crée donc un écart important au niveau social. »
Dans des cas de douance donc, « un suivi en psychoéducation et en psychologie peut aider l’enfant à gérer ses émotions, à les comprendre et à moduler un peu la dynamique qui existe entre lui et l’adulte », mentionne-t-il.
Il faut savoir que « notre rôle en tant que neuropsy, ce n’est pas seulement de faire des scans (images) du cerveau, et de dire OK, oui, il y a un problème dans le lobe temporal par exemple. Mais c’est aussi de dire quel impact cela va avoir chez le fonctionnement de la personne dans sa vie de tous les jours, que ce soit au travail, à la maison, à l’école. »
Une prise en charge sous un même toit
La clinique Neurosolution, dont 80% de la clientèle sont des enfants, comprend une équipe multidisciplinaire bilingue, composée de trois neuropsychologues, deux psychologues (dont une spécialisée en trouble du spectre de l’autisme), deux psychoéducatrices, ainsi qu’une étudiante en orthopédagogie. Un médecin devrait aussi se greffer au groupe de professionnels éventuellement, selon le fondateur.
Son objectif? Arriver à ce que dans un futur proche, tous les professionnels de sa clinique travaillent de concert autour d’un seul cas. « Cela permettrait de détailler davantage un dossier et de rendre, de manière générale, plus facile la prise en charge d’un patient », soutient-il.
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